Rencontre avec Claire Alliod, paysagiste du campus Artem

Artem … de l’Ecole de Nancy à la biodiversité

En passant par Emile Gallé

« Le thème fondateur de l’ensemble Artem est l’Ecole de Nancy. Je me suis inspirée d’Emile Gallé, écologiste avant l’heure, qui herborisait dans la campagne lorraine, cultivait et dessinait les plantes qu’il recueillait. La faune était également son sujet d’étude. C’est ce concept de biodiversité que je mets en avant, en prenant soin de proposer différentes ambiances et milieux naturels.

De la cour des érables en passant par la cour des pins, puis celle des chênes, notre dernière-née, mon souhait est de présenter des tableaux agréables, dans des profondeurs de champ intéressantes, qui proviennent d’un travail graphique et artistique.

Ces espèces végétales plantées ont été choisies en lien avec l’étude des sols : les érables poussent dans des milieux urbains, mais aussi dans les sous-bois et dans les prairies, les chênes dans des forêts et les pins dans des milieux secs et montagnards. Toutes ces essences que nous trouvons en Lorraine y sont ainsi représentées. »

 


Quand l’eau invite la faune

« Le Bassin des nénuphars et celui des lotus invitent la faune : un couple de canards colverts qui y niche, des hérons cendrés qui viennent se désaltérer, des grenouilles et des libellules… au cœur de la ville… Les milieux humides et aquatiques souffrent de nombreuses destructions, alors qu’ils sont vitaux pour le développement de certaines espèces.

Ces bassins et  jardins sont alimentés par les eaux de pluie qui ruissellent depuis les allées et les toitures. Les eaux de pluie récupérées depuis les toitures de l’Institut Jean Lamour donnent naissance à un milieu humide écologique et innovant en milieu urbain. Les parties en creux des différents espaces paysagers régulent les grandes quantités d’eau de pluie qui arrivent lors des épisodes orageux, contribuant ainsi à la lutte contre les inondations. »


Créer les conditions favorables à la biodiversité et à un cadre de vie agréable

« Nous mettons en place un mariage d’espèces végétales dans des conditions de sol, d’hygrométrie et d’exposition adaptées pour qu’elles puissent créer un nouvel écosystème et accueillir des espèces animales. Puis, on observe ce qui se passe et on remédie aux aléas qui se présentent, l’équilibre de l’écosystème est fragile, il peut n’être atteint qu’au bout de plusieurs années.

Nous perdons en biodiversité, c’est pourquoi nous expérimentons les jardins du futur.

Mon objectif est double : d’une part, préserver, valoriser notre patrimoine végétal et animal, et d’autre part, proposer aux usagers - citadins et étudiants - un environnement naturel pour qu’ils l’observent, se l’approprient entièrement et le respectent. »

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