MOTE - Matières organiques très expressives

MOTE - Matières organiques très expressives

Inauguration de l'îlot de compostage partagé sur le campus Artem
Jeudi 13 juin - 18H / Jardin devant la Maison de l'étudiant Artem

Le projet

Matières Organiques Très Expressives vise à démocratiser le compostage partagé en milieu urbain. L’îlot est conçu pour faire paysage. Modulable et transparent, il exhibe fièrement cette matière précieuse pour déchoir la notion de déchet. Sa conception découle d’une étude d’usage. Fabriqué en Lorraine, l’îlot incarne le cycle du végétal, de sa croissance à sa décomposition.

Avant l’atterrissage d’un îlot, il faut constituer la communauté. Des ateliers de sensibilisation proposent de développer un imaginaire réjouissant : apprivoiser les intra-terrestres, observer l’activité bactérienne par caméra thermique, écouter la symphonie du compost, cuisiner sa poubelle, jardiner sans jardin… MOTE repose sur la réappropriation du traitement des déchets organiques par les usagers comme un substrat de lien social.

Alienor Morvan, la porteuse du projet

Après une licence d'histoire de l'art à Rennes 2 et un an en Suède à étudier le développement durable grâce au programme Erasmus, Aliénor Morvan effectue le cursus Design des nouveaux milieux à l'ENSAD Nancy. C'est dans l'atelier Artem CUBE qu'est né le projet Matières Organiques Très Expressives (MOTE) avec une équipe d'étudiants des 3 écoles de l'alliance. Son Diplôme National Supérieur d'Expression Plastique (DNSEP) lui offre le cadre nécessaire pour réaliser une étude d'usage avec l'aide des maîtres composteurs du Grand Nancy et concevoir le premier îlot. L'année suivante, l'atelier Artem "Entreprendre autrement" lui propose l'accompagnement d'une autre équipe d'étudiants avec laquelle elle fabrique un prototype soutenu par Artem Entreprises. Ils remportent également un appel à projet du Conseil Départemental de Meurthe-et-Moselle qui financera la production d'une première série de 6 autres îlots. De 2016 à 2018, MOTE est sélectionné dans l'incubateur-accélérateur Stand Up-Artem pour mener l'expérimentation dans des contextes sociaux variés et développer ainsi le programme d'ateliers de sensibilisation. Après avoir effectué un stage en 2018 pour MOTE, la designer issue de l'ENSAD, Aurélie Marzoc, assure à présent le suivi des sites en Lorraine. Aliénor Morvan poursuit le développement du projet dans la région Grand Est, notamment au sein du collectif Défi Écologique pour l'Alsace avec qui l'industrialisation des îlots est en cours. En avril 2019, MOTE remporte un appel à projet de la communauté de communes d'Est Ensemble lui ouvrant ainsi les portes du Grand Paris. 
En parallèle de ce projet Aliénor Morvan développe une activité de designer indépendante sur les questions de modes de vie durables et notamment des déchets ménagers et industriels. Elle intervient régulièrement à l'ENSAD Nancy, Mines Nancy et à la Maison pour la Science en Lorraine. 

Un projet issu de l'incubateur-accélérateur Stand Up - Artem (1ère promotion 2016-2018)

Un îlot de compostage partagé sur le Campus Artem

Dans ce contexte où interdisciplinarité est le socle d’une pédagogie par projet, l’îlot MOTE est l’occasion de prolonger les synergies entre étudiants et personnels du campus Artem. Il permet à l’association Green'Touch de poursuivre sa logique circulaire de distribution de paniers de légumes avec la récupération des seaux de matières organiques. MOTE s’inscrit dans une démarche d’ouverture du campus sur le quartier en répondant à la demande d’équipement du Conseil Citoyen.
Le site est porté par le CROUS qui garantit sa pérennité et assure la coordination entre les différents usagers dans le cadre de sa mission d’animation du campus et de développement de lien social.

Inauguration le jeudi 13 juin à 18H / Jardin devant la Maison de l'étudiant Artem

Retour d'expérience d'une entrepreneuse issus de l'incubateur-accélérateur Stand Up - Artem

« Stand Up, via les bilans semestriels, a permis de m'astreindre à utiliser, voire découvrir, certains outils de gestion de projet qui m'étaient pour certains étrangers mais qui se sont révélés absolument nécessaires. L'accès à un lieu de travail, aux ateliers de l'ENSAD, à un camion, les échanges avec la coordonnatrice Stand Up, les enseignants et équipes d'Artem ont également facilité et enrichi la phase expérimentale du projet.  Les premières années d'un projet entrepreneuriale sont palpitantes mais parsemées d'épreuves : la découverte de la charge administrative, le stress, le manque de sommeil, la précarité économique... L'émulation et les synergies créées avec les autres incubés sont donc à la fois réconfortantes et stimulantes. Nous partagions, nous nous conseillions, nous sommes, au fur et à mesure, devenus les clients et les fournisseurs les uns des autres, réunis parfois sur des projets communs.

Lorsque l'on sort d'école d'art et de design, on est habité par son projet d'un point de vue conceptuel mais on s'attarde moins sur son modèle économique qui est pourtant crucial à sa pérennité. La période d'incubation s'attache alors à trouver une manière de dégager des revenus de cette activité en conservant l'intégrité et les valeurs du projet.

Le projet est né dans un atelier Artem (CUBE, en 2015, mené par Jehanne Dautrey, Colin Ponthot et Dominique Bemouffek et en équipe avec des étudiants en art, design et ingénierie). Devenu l'objet de mon DNSEP, il a été repéré par un intervenant aux Mines, François Rougieux, qui m'a poussé à le porter de manière entrepreneuriale. Sans lui, il aurait probablement fini dans un carton. Ensuite, le cadre pédagogique du campus m'a permis d'être soutenue par des étudiants accueillis en stage, de proposer des workshops qui ont considérablement nourri le projet. J'ai pu être accompagnée par un cabinet d'expertise comptable. Enfin, l'aura d'Artem a certainement fluidifié l'accès à un certain nombre d'acteurs du territoire (presse, collectivités publiques, associatifs etc.).

L'expérimentation sur 6 sites entre Nancy et Metz (régie de quartier, résidence familiale, EHPAD, tiers lieux, école etc.) a permis d'optimiser le catalogue d'ateliers et d'améliorer la conception de l'îlot.  
Le projet a intégré, une ancienne stagiaire, diplômée de l'ENSAD en design pour se charger du suivi des sites en Lorraine. Lauréat d'un appel à projet de la collectivité Est Ensemble, MOTE se développe à présent également en région parisienne avec une équipe de trois personnes. L'industrialisation de l'îlot par une entreprise de mobilier urbain est actuellement en étude grâce au rapprochement du collectif Défi Ecologique. »

Alienor Morvan